Le point de vue du mois
La France dilapide son capital
jeunesse
par Isabelle Knock 26 Août 09
Questions à Isabelle Knock-Méo, déléguée général du Codice, le Conseil pour la diffusion de la culture économique

Comment expliquez vous le pessimisme des Français sur l’avenir de leurs jeunes ?

Il y a d’abord une raison qui vaut pour la plupart des autres vieux pays industrialisés comme on le constate dans le sondage avec le cas très voisin de l’Allemagne: le pessimisme inhérent au sentiment de stagnation voire de déclin économique, dans un monde ou d’autres pays sont en train de monter en puissance. Et puis il y a des raisons plus spécifiquement françaises : un état d’esprit critique plutôt développé mais éloigné des réalités, la panne de l’ascenseur social, qui exacerbe la défiance entre les générations, et puis une méconnaissance plus grande qu’ailleurs des réalités économiques qui génère de la méfiance et de l’anxiété plus que de la confiance face à l’avenir.

Comment faire pour rendre les Français moins pessimistes ?

C’est d’abord un problème de hiérarchie entre les générations qui dialoguent de moins en moins ensemble : il faut donc commencer par se mettre à l’écoute des jeunes pour les rendre plus autonomes. Cela suppose de surmonter trois types de difficultés : la première est la difficulté du système éducatif à s’adapter aux besoins d’éducation et de formation du monde moderne, d’autant que les centres d‘intérêt des jeunes générations, davantage tournés vers le monde réel ont beaucoup évolué ces dernières années : c’est notamment vrai pour les questions économiques qui sont devenues l’une des matières préférées des élèves. Mais ça ne semble toujours pas malheureusement être une priorité pour l’Education Nationale. La deuxième est la faible efficacité du système d’orientation, qui conduit trop de jeunes à sortir de l’école sans véritable projet de formation professionnelle voir sans aucun bagage faute de connaissances et d’ouverture suffisante au monde professionnel durant leur scolarité . La troisième est la condition économique souvent fragile des jeunes qui poursuivent des études : en témoigne leur difficulté à se loger bien mises en avant dans le sondage.

Il n’y aura de réel changement que si tous les niveaux de responsabilité sont concernés - le national, le régional et le local- et parviennent susciter davantage de vocations au sein de la société pour aider les jeunes à entrer dans la vie active : cela veut dire forcément davantage d’ambition dans les objectifs, de concurrence et de valorisation des bonnes pratiques via internet et une évaluation régulière des résultats. C’est l’une des missions prioritaires du CODICE que de sensibiliser l’ensemble des parties prenantes à l’absolue nécessité de ce changement : il n’y pas d’avenir sans la jeunesse et il ne peut y avoir trop de jeunes sans avenir dans un pays comme la France.


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Questions à Isabelle Knock-Méo du Codice,
sur la situation des jeunes en Europe suite au sondage réalisé par le Codice en partenariat avec l'Expansion et Opinion way.